Comment j’apprends des mots nouveaux en regardant des défilés de mode sur internet.
Au détour de lectures internet aussi futiles que passionnantes (oui, quand une partie de l’équipe Bbz à quitté la mode pour se tourner vers les abeilles , l’autre partie s’y intéresse de plus en plus près -les effets de l’âge sans doute-) je tombe sur deux locutions qui m’étaient jusque là inconnues mais qui forcément ont attirés mon attention :
La cage à miel et
le piège à miel
Dans un excellent article rédigé par Claire Lundberg, une américaine immigrée en France, sur les joies de la rééducation périnéale après accouchement* (que n’ont pas le bonheur de connaître les américaines), la traductrice de l’auteure rappelait bienveillamment que
la «cage à miel» est un synonyme pour l’oreille, et non le vagin (le «piège à miel» désigne en revanche une technique d’espionnage reposant sur le sexe), le terme a été remplacé par «bonbon».
Oui, le texte original mentionnait en effet un nombre invraisemblable de fois le vagin, en lui substituant toutes sortes de synonymes, du bonbon au minou en passant par le berlingot. (goutez au passage l’univers sémantique où nous plonge cette essentielle partie de l’anatomie féminine).
Donc la cage à miel est un synonyme pour l’oreille. Référence à la cire ou cérumen qui tapisse ostensiblement certaines esgourdes, mais aussi à la ruche car « cage » vient du latin cavea qui veut dire creux mais aussi ruche (sic Monsieur Wikipédia)
Quant au piège à miel, pas de définition savante trouvée sur internet, mais pour l’histoire il nous jette tout droit dans les voiles de Mata Hari, supposée espionne aux talents et talons aiguisés, qui aurait obtenu sur l’oreiller ce qu’aucun tortionnaire n’auraient rêvés soutirer sous la gégène. La pratique de « l’espionnage apicole » qui consiste donc à faire voler une jolie reine autour d’un faux bourdon pour lui extorquer d’ultra confidentielles informations ni-vu-ni-connu-j’t'embrouille, ne s’est pas perdue semble t il. En 2009, les services de renseignement britanniques mettaient en garde banquiers et gros entrepreneurs contre les dernières techniques chinoises d’espionnage industriel qui ne sont autres que des pièges à miel.
Un peu d’(api)culture sur ce blog, que diable!
*oui, je sais, la rééducation du périnée n’a pas grand chose à voir avec la mode, mais vous connaissez internet : on part d’une robe en steack portée par Lady Gaga et on arrive sans comprendre comment dans un article truffé de vagins.
Ou l’art du raccourci.
